Comment la MONA a financé 4 modules e-learning en précommande auprès de 32 offices de tourisme : un format d'apprentissage et de financement inédit sur son marché B2B
La MONA avait une vision : faire du SADI un patrimoine pédagogique commun, accessible à tout un réseau. My Moojo avait la mécanique pour le faire financer par celles et ceux qui allaient s'en servir.
La MONA, Mission des Organismes de tourisme de Nouvelle-Aquitaine, est une association et un organisme de formation depuis 2010. Elle fédère 180 adhérents, dont les 150 offices de tourisme de la région, et accompagne l'évolution des métiers de tout un secteur.
Son expertise la plus reconnue porte un nom : le SADI, Schéma d'Accueil et de Diffusion de l'Information. Une méthodologie créée il y a plus de 15 ans, transférée depuis à cinq régions, et animée depuis 2020 par le collectif inter-régional SADI'Inspi. C'est avec ce collectif que la MONA a conçu le projet : produire des modules e-learning sur le SADI, hébergés sur sa propre plateforme, La Tribu des Savoirs, et accessibles à l'ensemble du réseau.
Le genre de projet éducatif que les plateformes standards ne savent pas traiter, parce qu'elles sont construites pour des contributeur·rice·s particulier·ère·s qui paient par carte en trois clics, pas pour des structures dont chaque euro dépend d'une ligne budgétaire votée.
My Moojo a été pensée pour cette configuration-là.
Secteur : Formation professionnelle
Produit clé : Prévente

Le vrai problème de la MONA
Financer un bien commun pédagogique que personne ne peut porter seul. Les modules SADI n'appartiennent à aucune structure en particulier : ils servent tout un réseau, sur cinq régions. Aucun budget individuel ne pouvait légitimement les payer, et aucune structure ne pouvait raisonnablement les offrir aux autres.
Restait donc une seule voie cohérente : les faire financer collectivement par celles et ceux qui allaient les utiliser. Sauf que ces contributeur·rice·s ne sont pas des particulier·ère·s. Ce sont des offices de tourisme, et le réseau se répartit en trois statuts juridiques : un tiers d'associations, un tiers d'EPIC, un tiers de régies directes. Trois statuts, trois façons de dépenser un euro, trois niveaux de contrainte administrative.
Les EPIC, à eux seuls, représentaient la moitié des contributeur·rice·s potentiel·le·s. Ils étaient en plein renouvellement de gouvernance après les municipales. Et pour une structure publique, se voir rembourser un engagement parce qu'une campagne n'a pas atteint son objectif n'est pas une déception, c'est une anomalie budgétaire.
Une subvention aurait pris des mois et n'aurait rien créé : ni participation du réseau, ni preuve que le besoin existait. Un financement porté par la seule MONA aurait tué la logique de mutualisation avant même de commencer. Quant à une plateforme de crowdfunding généraliste, elle n'est pas outillée pour des flux financiers entre structures professionnelles. Le tout sur un terrain que tout le monde s'accorde à décrire comme perdu d'avance.
L'ambition de départ était prudente en conséquence : 6 000€, pour produire 2 modules. Les 2 suivants attendraient de voir.
Pourquoi My Moojo et pas une autre plateforme
My Moojo est construite spécifiquement pour l'éducation, avec des mécaniques de financement adaptées à chaque étape de vie d'un projet : le don et la prévente pour valider une offre et engager une première communauté, l'investissement citoyen pour accélérer une fois le modèle prouvé.
Pour la MONA, la prévente était la bonne étape. Elle permettait de faire financer la production des modules par les structures qui allaient les utiliser, en leur donnant en échange un accès réel et non une promesse de reconnaissance. Sur un projet de bien commun, c'est ce qui transforme un appel à la solidarité en décision d'achat.
Mais la décision qui a tout changé s'est jouée sur le périmètre. La MONA envisageait 6 000€ pour 2 modules, en gardant les 2 autres en réserve pour une éventuelle seconde campagne. My Moojo a recommandé l'inverse : intégrer les 4 modules dès le départ et porter l'objectif à 12 000€. Le réseau en avait la capacité. Et surtout, quand on introduit à la fois un format d'apprentissage et un format de financement inédits dans un secteur, il faut taper fort dès la première campagne : c'est elle qui donne le La à toutes les suivantes. Deux campagnes prudentes à la file auraient usé les mêmes structures sans jamais créer de momentum.
Cette lecture-là, une plateforme généraliste ne la fait pas. Elle encaisse l'objectif qu'on lui donne.
Ce que la mécanique My Moojo a rendu possible
- la prévente elle-même : financer la production de contenus pédagogiques avec l'argent de leurs futur·e·s utilisateur·rice·s, avant même la première ligne de script
- un mécanisme de paliers évolutifs, avec un premier seuil sécurisant les fonds dès son atteinte, ce qui répondait directement à l'angoisse budgétaire des structures publiques : pas de remboursement, donc pas d'anomalie comptable
- le paiement par virement bancaire proposé directement dans le tunnel de contribution, à côté du paiement par carte. Pour un réseau dont une partie des structures ne dispose pas de moyen de paiement par carte, ce n'est pas un confort, c'est une condition d'accès
- une page de campagne conçue pour l'éducation, complétée d'une FAQ dédiée aux modalités de participation selon le statut juridique du contributeur
- un reçu automatique pour chaque contributeur et un export du tableau de bord ventilant dons et contreparties, permettant à la MONA d'éditer les justificatifs administratifs attendus par les structures publiques
- un système de paiement sécurisé via Mangopay, intégré nativement à la plateforme
Ce que l'accompagnement My Moojo a ajouté
- l'arbitrage stratégique du périmètre, qui a fait passer la campagne de 6 000€ et 2 modules à 12 000€ et 4 modules
- le séquencement de la mobilisation par statut juridique : embarquer d'abord les associations, dont le circuit de paiement est immédiat, pour valider le premier palier au plus vite. Une fois le palier atteint, les fonds sont sécurisés et l'objection du remboursement disparaît pour toutes les structures dont la décision budgétaire prend plus de temps
- le calibrage de la durée de campagne, ajustée au tempo réel du secteur plutôt qu'au calendrier interne
- la structuration des contreparties et de la FAQ statuts, pour que chaque structure trouve sa marche à suivre sans avoir à la demander
- l'arbitrage entre logique de don et logique de prévente sur la question de la TVA, avec les bonnes questions à poser au commissaire aux comptes
- l'onboarding, la relecture de la page de campagne et le support technique tout au long de la collecte
Le résultat : une preuve, pas un coup de chance
12 150€ collectés auprès de 32 offices de tourisme engagés, 2x l'ambition initiale et 316€ de contribution moyenne. Ces chiffres racontent une ambition qui a doublé en cours de route et qui a tenu : 4 modules e-learning financés là où 2 étaient espérés et deux années de production sécurisées d'un coup.
Ils racontent aussi autre chose, qui vaut bien au-delà du tourisme. On répète volontiers que le financement participatif ne fonctionne pas entre professionnel·le·s, que les structures ne contribuent pas, que le B2B est un terrain mort pour le crowdfunding. 32 offices de tourisme ont souscrit une contrepartie sur ce projet. Le crowdfunding B2B fonctionne. Il demande simplement d'être bien préparé en amont pour ce qu'il est.
Pour la MONA, la conséquence est structurelle : le crowdfunding est devenu un mode de financement à part entière. Les prochains modules pourront être validés par le réseau avant d'être produits, plutôt que produits en espérant qu'ils trouvent leur public.